Vendredi 3 Juillet 2009 À 22H - Chai du Terral / Saint Jean de Védas Vera Mantero & guests O Rumo do FumoCeci n'est pas une conférence-démonstration
Poésie et sauvagerie, titre d’une oeuvre étonnante de Vera Mantero est aussi un axe fondamental dans une démarche artistique qui renouvelle sans cesse ses partis pris de création. Figure emblématique de la jeune danse portugaise dès la fin des années 80, la chorégraphe fait aussi partie des personnalités marquantes des nouvelles démarches apparues au cours des années 90. Parfois interprète pour d’autres artistes, avec Robyn Orlin le temps d’un solo, plus récemment chez Alain Buffard avec une autre artiste d’exception Claudia Triozzi, elle chante Gilberto Gil en récital et crée des performances avec des plasticiens. Entre solos hallucinés comme Une mystérieuse chose, a dit e.e cummings et pièces de groupe conçues avec des artistes d’horizons artistiques différents, elle sillonne le paysage chorégraphique avec toujours cette radicalité discrète qui privilégie la force poétique, la liberté du mouvement. Vera Mantero a su laisser ouvert un questionnement exigeant sur l’art, privilégiant l’imaginaire et les puissances visionnaires de l’inconscient en résonance aux contraintes et autres violences des sociétés d’aujourd’hui. Dans cette nouvelle création, le souhait de l’artiste portugaise est de renouer avec le champ de la poésie, de façon non intellectualisée, pour approcher d’un corps vibratile, moduler les gestes, articuler du sens avec les mots, les sons. Multiplicité et simultanéité sont deux éléments majeurs de cette recherche menée sur des espaces sensibles non verbaux où pourtant peuvent cohabiter corps et pensée, texte et rythme. Travailler matières et matériaux par résonance, collisions, associations fait partie de cette approche, véritable terrain d'investigation où se cristallise l’énergie qui innerve la qualité d’une danse faite de puissante animalité comme de souveraine défaillance. if
In the new creation, Vera Mantero has sought to renew her bonds with poetry, for an approach with a vibratile body, modulating gestures, articulating meanings with words and sounds. Multiplicity and simultaneity are two major elements of this quest. Working matter and materials by resonance, collisions and associations are part of this approach, a true field of investigation crystallising the energy that innervates the quality of a dance formed from both powerful animality and supreme failure.
Direction artistique : Vera Mantero Avec : Christophe Ives, Marcela Levi, Vera Mantero, Miguel Pereira Musique : Andrea Parkins Conception de l’espace et des costumes : Nadia Lauro Collaboration dramaturgique : Rita Natálio PRODUCTION : O RUMO DO FUMO COPRODUCTION : FESTIVAL MONTPELLIER DANSE 2009, ALKANTARA (LISBONNE), CULTURGEST (LISBONNE), KUNSTENFESTIVAL DES ARTS (BRUXELLES), TEATRO DE LA LABORAL (GIJÓN), CNDC (ANGERS), O ESPAÇO DO TEMPO (MONTEMOR), PACT ZOLLVEREIN (ESSEN) AVEC LE SOUTIEN DE CENTRO CULTURAL VILA FLOR (GUIMARÃES), LES BRIGITTINES (BRUXELLES)
Propriété des Evêques de Maguelone depuis le IXe siècle (le domaine était leur résidence d’été), le château du Terral était un vaste bâtiment fortifié au coeur d’un grand domaine. Plusieurs fois détruit par les guerres, il devient, après la Révolution, la possession de Joseph Cambon, député de l’Hérault à la Convention. Le château appartiendra à la famille Cambon jusqu’en 1981, puis en 1985 la municipalité le rachète. Le château devient un espace de vie et de culture : hall d’exposition, salle des mariages, salles de réunions et rencontres. Situé à cinq kilomètres de Montpellier le chai du domaine est transformé en salle de spectacle. Château du Terral à Saint Jean de Védas Tramway 2 Saint Jean de Védas Centre puis Navette Montpellier Danse gratuite. Le Chai du Terral / Saint Jean de Védas dispose d’un parking gratuit. Une heure avant et après les représentations, une restauration légère est proposée. Salle numérotée 300 places
Adresse:
Allée Joseph Cambon, Château Terral 34430 Saint Jean de Védas
Vera Mantero est née à Lisbonne en 1966. Elle étudie la danse classique jusqu’à l’âge de 18 ans et intègre le Ballet Gulbenkian, à Lisbonne, pendant 5 ans. À New York et à Paris, elle étudie les techniques de danse contemporaine, de voix et du théâtre. En France, elle danse pour Catherine Diverrès. Elle débute comme chorégraphe en 1987 et présente ses spectacles depuis 1991 sur les scènes européennes, au Brésil, aux Etats-Unis, au Canada et à Singapour. Elle participe régulièrement à des projets d’improvisation et organise des workshops de création-composition et d’improvisation. Depuis 2000, Vera Mantero se consacre de plus en plus au travail de la voix et à des projets musicaux. Elle a représenté le Portugal à la 26ème Bienal de São Paulo 2004 avec Eating your heart out avec le sculpteur Rui Chafes. En 2002, elle a reçu le Prix Almada pour l’ensemble de sa carrière. Pour elle, la danse n’est pas un fait acquis, elle pense que moins elle l’acquiert, plus elle s’en rapproche ; elle utilise la danse et la performance pour comprendre ce qu’elle a besoin de comprendre; elle comprend de moins en moins le performer spécialisé (un danseur ou un acteur ou un chanteur ou un musicien) et de plus en plus le performer spécialisé en tout ; elle voit la vie comme un phénomène terriblement riche et compliqué et le travail comme une lutte perpétuelle contre l’appauvrissement de l’esprit, du sien et celui des autres, lutte qu’elle considère fondamentale à ce point donné de l’histoire.
Vera Mantero was born in Lisbon in 1966. She studied classical dance until she was eighteen. She worked for five years in the Ballet Gulbenkian, in Lisbon. In New York and Paris she studied contemporary dance technique, voice and theatre. She started creating her own choreography in 1987 and since 1991 she has been showing her work in theatres and festivals in Europe, Brazil, USA, Canada and Singapore. She regularly participates in improvisation projects and teaches workshops of creation-composition and improvisation. Since 2000 she is dedicating herself more and more to voice and other music projects. She represented Portugal at the 26th Bienal of São Paulo 2004. In 2002 Vera Mantero was awarded the Almada Prize for her career. For her, dance is not a given fact ; she believes that the less she acquires it, the closer she will be to it ; she uses dance and performance work to understand what she needs to understand ; she sees less and less sense in a specialized performer (a dancer or an actor or a singer or a musician) and more and more sense in an especially trained total performer; she sees life as a terribly rich and complicated phenomena and work as a continuous fight against the spirits’ impoverishment, hers’ and the others’, a fight which she considers essential at this point of history.
Marcela Levi est diplômée de l’école de danse Angel Vianna, membre de la compagnie Lia Rodrigues pendant huit ans. Elle commence, en 2002, à developper ses propres projets qui évoluent entre danse contemporaine et arts visuels. Parallèlement à son travail chorégraphique, elle collabore avec les chorégraphes Cristina Moura, Gustavo Ciríaco et les artistes visuels Tunga et Niura Bellavinha.
Nadia Lauro, scénographe et plasticienne, développe son travail dans divers contextes (danse contemporaine, architecture du paysage, mode). Elle conçoit des scénographies, des environnements, des installations visuelles, des costumes. Elle collabore avec les chorégraphes Vera Mantero, Benoît Lachambre, Frans Poesltra, Barbara Kraus, Latifa Laâbissi et Jennifer Lacey. Elle reçoit le prix The Bessies 2000, New York Dance and Performance Awards. En 1998, elle fonde avec l’architecte Laurence Crémel, l’Association Squash Cake Bureau.
Christophe Ives suit le cursus du Conservatoire National Supérieur de Paris, où il interprète les répertoires de chorégraphes tels que Doris Humphrey, Anya Holm, Alwin Nikolaïs, Carolyn Carlson, Jennifer Müller et Félix Blaska pour le Junior Ballet. Depuis 1997, il collabore aux projets de Frédéric Gies, Maïté Fossen, Lluis Ayet, Fanny de Chaillé, Martine Pisani, Joanne Leighton, Daniel Larrieu et Alain Buffard.
Miguel Pereira a fréquenté l’Ecole de Danse du Conservatoire National et l’Ecole Supérieure de Danse de Lisbonne. Danseur, il a travaillé avec Francisco Camacho, Vera Mantero, Jérôme Bel... En tant que chorégraphe, il crée, en 2003 Transitions pour Transitions, sa première pièce de groupe. Depuis 2000, il est artiste associé à O Rumo do Fumo à Lisbonne.
Rita Natálio a, comme interprète, réalisé le Cours de Recherche Chorégraphique du Forum Dança 2006 (Lisbonne) avec Vera Mantero, João Fiadeiro, Emmanuelle Huynh, Matthieu Doze et Nicolas Floc’h et a participé à plusieurs workshops de composition et d’improvisation avec Christian Rizzo, Loic Touzé, Armando Menicacci. Son activité s’est concentrée sur la dramaturgie et le suivi de projets artistiques et de recherche. En 2008, elle collabore avec Vera Mantero autour de la publication d’un livre d’artiste.