Dimanche 22 Juin 2008 à 20H - Opéra Berlioz / Le Corum Sara Baras Ballet Flamenco Sara BarasCarmen
Loin de la Carmen pulpeuse, aguicheuse et volantée, le personnage que nous fait découvrir Sara Baras est avant tout une femme, fine comme une lame, sombre comme l’Espagne d’El Greco aussi libre de ses mouvements et obscurément dangereuse que l’héroïne de Mérimée. Une femme d’aujourd’hui en somme, tout comme le flamenco que travaille depuis des années Sara Baras. Un flamenco épuré, proche de ses racines qui plongent dans la révolte, débarrassé de ses poncifs et de ses clichés. Un flamenco qui déploie toute sa vitalité et son inventivité dans la recherche gestuelle. Ce qu’elle a retenu de Carmen, c’est son courage, sa force de résistance, son indépendance, sa puissance qui s’exprime dans la danse. Carmen en devient presque un mythe du féminin, une figure de réthorique, une irruption intempestive, aussi originale et personnelle que Sara Baras elle-même. Il faut dire que depuis son apparition en 1998 en pantalon de soie haute couture, cette jeune femme qui ne s’autorisait pas la moindre facilité et n’acceptait aucune concession est devenue d’emblée l’une des figures les plus marquantes et les plus audacieuses du flamenco actuel. C’est pourquoi, plutôt qu’utiliser la musique si séduisante mais rebattue de Georges Bizet, qui laisse peu de place à l’expression d’une intériorité singulière, Sara Baras a choisi de replonger aux racines de la légende en convoquant pour sa création les meilleurs musiciens de flamenco comme Paco de Lucia, Joan Valent ou Javier Rubial. Avec sa compagnie de treize danseurs, dont les remarquables José Serrano et Luis Ortega, respectivement Escamillo et Don José, c’est à un spectacle d’une intensité exigeante que nous convie le Carmen de Sara Baras.
Chorégraphie et direction artistique : Sara Baras Avec la collaboration de José Serrano et Luis Ortega Avec Saras Baras, José Serrano, Luis Ortega, Alicia Fernández,Cecilia Gómez, Ana González, Charo Pedraja, María Vega, Raúl Fernández, José Galán,Daniel Saltares, David Martin, David Nieto
Musique : Paco de Lucia,Joan Valent, Javier Rubial,José Carlos Gómez, José María Bandera, David Cerreduela, Mario Montoya, Miguel de la Tolea, Saúl Quirós, Antonio Suarez Salazar Interprétée en direct par José María Bandera, David Cerreduela, Mario Montoya (guitares), José Amador Goñi (violon),Antonio Suárez (percussions), Eva Durán, Miguel de la Tolea, Saúl Quirós (chant) Costumes : Sybilla, Sara Baras Lumière : Fernando Martín, Sara Baras Vidéo : Paco Caraballo Conseiller pour la tauromachie : José Tomás
Situé au tout premier rang des Palais des Congrès de France, opéra renommé pour ses qualités acoustiques, le Corum a été réalisé par l’architecte Claude Vasconi. De conception pionnière, ce site multiscénique haut de gamme compte parmi les richesses de Montpellier et est considéré comme l’une des plus belles scènes du Sud de l’Europe. Esplanade Charles de Gaulle à Montpellier
Tramway 1 ou 2 arrêt Corum Le Corum dispose d’un parking souterrain qui propose un tarif spécial (4 €) les soirs de spectacle. Salle numérotée 2 000 places (Opéra Berlioz)
Série 1 : Parterre et premier balcon. Série 2 : 3 derniers rang parterre et 3 derniers rangs balcon, 1 er étage de loge de face, 1 er et 2ème étage de loge de côté. Série 3 : 2 ème étage de loge de face et 3 ème et 4 ème étage de loge de côté. Série 4 : dernier étage de loge de face et 5 ème et 6 ème étage de loge de côté.
Née à Cadix, SARA BARAS commence ses études de flamenco à l’âge de 8 ans, sa mère est son premier professeur de danse. Là, elle apprend non seulement à danser mais aussi à créer des chorégraphies pendant les cours avec les élèves de sa mère. À cette époque, elle a l’honneur d’être à l’affiche avec des artistes comme Camarón de la Isla et de compter parmi son public la reine Sophie d’Espagne. Plus tard, elle entre dans la compagnie de Manuel Morao. Très vite, elle décide de compléter sa formation à Madrid où se trouvent ceux qui deviendront ses futurs maîtres : Ciro, Manolete, El Güito, Merche Esmeralda, Antonio Canales, en flamenco, et Dania González, en danse classique. Elle rencontre alors d’autres danseurs de sa génération qui seront ses partenaires sur scène, comme Joselito Fernández, Paco Sánchez, Merche Esmeralda, Javier Barón, et El Güito, et à ses débuts, Joaquín Grilo et Antonio el Pipa. Elle travaille également dans la compagnie de Paco Cepero et dans celle de Rancapino. Pour ses débuts en solo, elle se produit sur les scènes flamencas avec une petite formation musicale avant de monter sa propre compagnie. Elle crée alors Sensaciones, en 1998, où elle propose une lecture personnelle de différents « palos » ou styles de flamenco avec un corps de ballet exclusivement féminin. L’année suivante, Sara Baras crée Sueños, un spectacle synonyme de liberté formelle qui continuera à évoluer au fil des ans. José Serrano fera partie de sa distribution en tant qu’artiste invité. En 2002, elle crée Mariana Pineda mis en scène par Lluis Pasqual à partir d’une idée de Federico García Lorca, sur une musique originale de Manolo Sanlúcar. Primée plusieurs fois, la pièce suscite toujours l’intérêt du public de par le monde et lui apporte une reconnaissance nationale et internationale aussi bien dans le monde du flamenco que dans d’autres domaines. À cette occasion, elle reçoit le Prix National de la Danse en 2003 (la plus haute distinction culturelle dans ce domaine en Espagne), la Médaille d’Or d’Andalousie décernée par le Gouvernement Autonome en 2004. En 2005, elle poursuit la tournée de Sueños en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et en Asie. Elle tourne un DVD sur Sueños à Cadix et prend part à un livre de photos, également intitulé Sueños, qui recueille les images prises par Peter Müller. Le 19 décembre 2005 a lieu la première mondiale du spectacle Suite Flamenca “Sabores”. Aujourd’hui, la chorégraphe et interprète poursuit avec son nouveau ballet Carmen, créé en septembre 2007 à Barcelone, son exploration de la liberté et de l’amour, au travers des figures emblématiques de l’histoire et de la culture ibérique. Après Juana La Loca, légende historique et Mariana Pineda, grande figure du théâtre de Lorca, la voici toute entière « consacrée » à la plus sensuelle et féline d’entre toutes, Carmen.