Samedi 19 Juin 2010 À 22H - Théâtre de l'Agora Merce Cunningham Merce Cunningham Dance CompanyRoaratorio
Créé initialement par John Cage pour la radio allemande WestDeutscherRundfunk de Cologne en 1979, à partir de Finnegans Wake de l’écrivain irlandais James Joyce, Roaratorio est un chaos poétique insensé mais non pas insensible, un projet totalement fou, qui se voulait non fini et finit par tendre à l’infini. Conçu pour donner à entendre le paysage mental de l’oeuvre de Joyce, la composition est d’une complexité extraordinaire et détermine une forme de paysage sonore composite qui semble réfléchir l’environnement et se répercute dans l’espace. Roaratorio est une pièce atypique dans l’œuvre de Merce Cunningham en ceci que la musique est préexistante. “Merce s’est lancé dans des recherches, se souvient David Vaughan, sur les danses folkloriques irlandaises, les gigues, les reels, les quadrilles… Il a écrit Roaratorio à partir de ce genre de matériau chorégraphique aussi bien qu’avec ses procédés habituels de composition aléatoire. Ensuite, il l’a chorégraphié comme d’habitude : en silence. Quand la musique est arrivée, à la fin, les danseurs étaient totalement décontenancés, car celle-ci était rythmique contrairement à celle dont se servait Merce la plupart du temps.” La scénographie de Mark Lancaster prévoit quelques tabourets où s’accrochent vêtements et accessoires pour des changements à vue. La chorégraphie semble soudain donner corps à la littérature de James Joyce, comme une incarnation de la langue au-delà du langage. Fort peu donnée, on retrouvera des fragments de cette oeuvre dans nombre d’Events. “Les danseurs, remarque David Vaughan, en savaient donc des parties. Mais la reconstruire en entier pour Montpellier Danse,n’a pas été une mince affaire !” Agnès Izrine
Created by John Cage, based on Finnegans Wake by James Joyce, Roaratorio is a completely crazy project that was intentionally unfinished tending towards the infinite. Roaratorio is an atypical piece amongst the works of Merce Cunningham. The choreography seems to give body to James Joyce’s literature, like an incarnation of the tongue beyond language.
MERCE CUNNINGHAM DANCE COMPANY
CHORÉGRAPHIE Merce Cunningham MUSIQUE John Cage, Roaratorio, an Irish Circus on Finnegans Wake DÉCOR, LUMIÈRE Mark Lancaster AVEC Brandon Collwes, Dylan Crossman, Julie Cunningham, Emma Desjardins, Jennifer Goggans, John Hinrichs, Daniel Madoff, Rashaun Mitchell, Marcie Munnerlyn, Krista Nelson, Silas Riener, Jamie Scott, Robert Swinston, Melissa Toogood, Andrea Weber REPRISE 2010 Patricia Lent, Robert Swinston Cette reprise et la préservation de Roaratorio ont été possibles grâce au généreux soutien d’American Express et du National Endowment for the Arts, qui pensent qu’une grande nation doit soutenir les arts La reprise de Roaratorio est une commande du Festival Montpellier Danse 2010, du Music Center (Los Angeles), et du Théâtre de la Ville (Paris) – Festival d’Automne (Paris)
Téléchargez le programme évènement de Merce Cunningham.
D’abord couvent au XVIIè siècle, prison de femmes au XVIIIè siècle, puis caserne au XXè siècle, le Couvent des Ursulines devient aujourd’hui l’Agora, cité internationale de la danse. Réunissant le Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc- Roussillon et Montpellier Danse, Festival et Saison, l’édifice est aujourd’hui entièrement restauré et dédié à la création chorégraphique.
Le Corum dispose d’un parking souterrain payant à proximité de l’Agora, cité internationale de la danse.
Théâtre de l'Agora Entrée par la rue de l’Université à Montpellier Tramway 1 Louis Blanc Salle numérotée 587 places
Surnommé « l’Einstein de la danse », Merce Cunningham fait partie de tout un courant artistique - de l’art moderne - qui a affecté le monde des arts plastiques, de la musique et de la danse. Merce Cunningham était danseur chez Martha Graham lorsqu’il a entamé son parcours chorégraphique. Martha Graham était une des grandes figures de ce qui s’appelait alors la « modern dance ». Le concept à l’œuvre était alors celui du retour à l’origine, le retour aux sources avant la civilisation et ses méfaits. C’est donc dans ce contexte que Cunningham, poussé par son compagnon le compositeur John Cage, va composer ses premières pièces. Il quitte la compagnie de Graham en 1945 et crée ses premiers solos. En 1953, il fonde sa compagnie, la Merce Cunningham Dance Company au Black Mountain College. En 1951, sa pièce 16 danses pour soliste et compagnie de trois va marquer le premier pas vers une inventivité radicale. C’est que Cunningham utilise le hasard pour composer cette danse : il avait toujours un dé en poche, repoussant, en s’amusant beaucoup, les limites de la création. Il jouait donc, aux dés, l’ordre des phrases de danse, l’entrée en scène des danseurs, la succession des séquences de musique... Cette idée d’utiliser les procédés de hasard pour composer a été d’abord mise en œuvre par le compositeur John Cage, compagnon de Cunningham pendant plus de 50 ans jusqu’à son décès en 1992. Ainsi, ils inventent l’Event en 1964. Le cercle d’artistes gravitant autour de Cage et Cunningham se composait entre autres de plasticiens comme Robert Rauschenberg et Jasper Johns, de compositeurs comme Earle Brown, Morton Feldman, David Tudor, pour ne citer qu’eux. Pourquoi cette utilisation du hasard dans ses œuvres ? C’est un moyen de se surprendre soi-même, d’aller au-delà de son propre ego, de sortir de ses habitudes. Le spectateur est appelé à être actif, puisqu’il n’y a pas de sens qui lui soit donné, il est libre de voir ou d’entendre ce qu’il veut, selon son propre désir. Cunningham a été l’un des premiers chorégraphes à s’approprier l’usage de la caméra pour filmer la danse, non comme un témoin de travail, mais comme un objet visuel en soi. Il a également contribué à la finalisation d’un logiciel d’écriture du mouvement, « Life forms », qui permet de composer la danse par ordinateur. Il le met en scène pour la première fois avec Biped en 1999. Il a reçu de nombreux prix dont, en 1982, l’American Dance Festival Award pour l’ensemble de sa carrière. Merce Cunningham est décédé le 27 juillet 2009 à l’âge de 90 ans. Un grand nombre de danseurs passés par le studio Cunningham a été durablement marqué par son influence, notamment Paul Taylor, Trisha Brown, Lucinda Childs, Steve Paxton, Karole Armitage, Dominique Bagouet, Angelin Preljocaj, Jean-Claude Gallotta, Philippe Decouflé, Floanne Ankah, Foofwa d’Imobilité, Ann Papoulis, Kimberly Bartosik, Jonah Bakaer... Repères 2009 : Nearly Ninety, 2006 : EyeSpace, 2005 : Views on Stage, 2003 : Split Sides, 2000 : Interscape avec des décors et des costumes de Robert Rauschenberg, 1999 : Biped, 1998 : Hand Drawn Spaces, 1998 : Pond Way, 1997 : Scenario avec les costumes de Rei Kawakubo, 1993 : CRWDSPCR sur une musique de John King, 1991 : Beach Birds, 1988 : Changing Steps et Five Stone Wind, 1983 : Roaratorio sur une musique de John Cage, 1976 : Squaregame sur musique de Takehisa Kosugi, 1973 : Un jour ou deux, 1970 : Second Hand sur une musique de John Cage, 1970 : Objects, 1968 : Walkaround Time, 1960 : Crises, 1956 : Changelings, 1951 : 16 Danses pour soliste et compagnie de trois, 1948 : Untitled Solo
La Merce Cunningham Dance Company a été présente à Montpellier Danse en 1985 (Event I, Event II, Event III, Event IV), en 1995 (Event, Inventions, Windows, Ground Level Overlay, Enter), en 1998 (Ocean) , en 2001 (Rainforest, Interscape), en 2005 (View on stage, BIPED, Event), en 2006 (saison / Dice rolling, Split Sides, Sounddance)