Samedi 26 Juin 2010 à 20H - Opéra Berlioz / Le Corum Ohad Naharin Batsheva Dance CompanyHora
Dans un décor d’un vert acide et luminescent, les onze danseurs de la Batsheva semblent s’élancer vers l’inconnu d’un mouvement hâtif et continu. Inconnu, car Hora d’Ohad Naharin fait naître ce sentiment d’inquiétante étrangeté où les sensations les plus familières paraissent soudain bizarrement insolites ou curieusement décalées. Ainsi de la chorégraphie qui semble vouloir partir de l’alphabet du vocabulaire classique pour mieux le conjurer, voire le disloquer. De mouvements identifiables, surgissent alors des torsions, des courbures, des gauchissements qui dévoient l’ordinaire, créant des angles nouveaux comme autant de points de vue inattendus sur le monde, explorant les infinis possibles du corps humain dans une gestuelle d’une énergie proche du seul plaisir dans l’acte d’exister. De même, la musique, un remix audacieux des plus grands tubes de la musique classique – voire filmique (des Walkyries à la Guerre des étoiles), concourt à accroître cet effet qui modifie l’approche du corps et de l’espace qui l’entoure. Transformant l’originel en original, Hora semble ainsi une métaphore de l’événement où le corps change de réalité par la danse, une réflexion sur l’interprétation – dans tous les sens du terme. Le danseur devenant passeur d’énergie, il la transmue, d’un corps à l’autre, la fait circuler d’une langue à l’autre, traducteur obstiné d’un verbe mystérieux. Ce n’est sans doute pas un hasard si Ohad Naharin, interrogé sur son titre, répond, non sans malice, que “bien sûr, Hora est le nom d’une danse folklorique qui a valeur de symbole en Israël, car elle correspond aux célébrations joyeuses des premiers pionniers, mais qu’elle signifie également heure en espagnol ou en italien, jambe en polonais et offre encore d’autres significations en d’autres langues.” Ouvrant ainsi des voies nouvelles par sa capacité à la métamorphose, au bouleversement, au débordement. La liberté. Agnès Izrine
In a luminescent, acid green decor, the eleven Batsheva dancers appear to soar towards the unknown in hasty and unbroken movement. Hora seems to be a metaphor of the event in which the reality of the body changes through dance, a reflection on interpretation. The dancer becomes a conveyer of energy which is mutated from one body to another, passing from one language to another, as the obstinate translator of mysterious words.
BATSHEVA DANCE COMPANY
CHORÉGRAPHIE Ohad Naharin MUSIQUE ARRANGÉE ET JOUÉE PAR Isao Tomita (sauf Ryoji Ikeda Data Matrix) : Modest Mussorgsky Catacombs, Joaquín Rodrigo Aranjuez, Space Fantasy extrait de la musique du film 2001 : L’Odyssée de l’espace de Richard Strauss, Richard Wagner Die Walküre : Ride of the Valkyries, Tannhäuser : Overture, Charles Edward Ives The Unanswered Question, Edvard Grieg Peer Gynt/Solveig's Song, John Williams Star Wars – Main Title, Jean Sibelius World of Different Dimensions, Claude Debussy Prelude to the Afternoon of a Faun, Claude Debussy Suite Bergamesque,No. 3 : Clair de Lune AVEC Danielle Agami, Nir Benita, Shachar Biniamini, Matan David, Iyar Elezra, Shani Garfinkel, Doug Letheren, Rachael Osborne, Ian Robinson, Ella Rothschild, Adi Zlatin LUMIÈRE, DÉCOR Avi Yona Bueno (Bambi) COSTUMES Anna Mirkin DÉCOR, SON, ÉDITION Maxim Waratt DESIGN DU BANC Amir Raveh Ce spectacle est dédié à Zofia Naharin PRODUCTION Batsheva Dance Company COPRODUCTION Festival Montpellier Danse 2010, Lincoln Center Festival (New York)
Ce spectacle est accueilli avec le soutien des services culturels de l’Ambassade d’Israël en France et du Consulat Général d’Israël à Marseille
Situé au tout premier rang des Palais des Congrès de France, opéra renommé pour ses qualités acoustiques, le Corum a été réalisé par l’architecte Claude Vasconi. De conception pionnière, ce site multiscénique haut de gamme compte parmi les richesses de Montpellier et est considéré comme l’une des plus belles scènes du Sud de l’Europe. Esplanade Charles de Gaulle à Montpellier
Tramway 1 ou 2 arrêt Corum Le Corum dispose d’un parking souterrain qui propose un tarif spécial (4 €) les soirs de spectacle. Salle numérotée 2 000 places (Opéra Berlioz)
Série 1 : Parterre et premier balcon. Série 2 : 3 derniers rang parterre et 3 derniers rangs balcon, 1 er étage de loge de face, 1 er et 2ème étage de loge de côté. Série 3 : 2 ème étage de loge de face et 3 ème et 4 ème étage de loge de côté. Série 4 : dernier étage de loge de face et 5 ème et 6 ème étage de loge de côté.
Ohad Naharin naît a Mazra, un kibboutz au nord d’Israël. Son père, Eliahav Naharin, avait été acteur au Théâtre hébraïque Habima à Tel-Aviv, puis enseignant, directeur de lycée et psychothérapeute. Sa mère, Tzofia, était une danseuse, qui fut contrainte d’abandonner la danse pour l’enseignement du mouvement et de la composition musicale. Pendant son service militaire, il fut membre de l’ensemble de musique et de divertissements du Commandement du Nord en qualité de chanteur et danseur. Il débute ensuite des études d’architecture qu’il doit interrompre à cause de la Guerre du Kippour. Il choisit en définitive la carrière de danseur et part travailler avec Yehudit Arnon, puis avec John Hill Sagan à Haifa. Ohad Naharin commença sa carrière de danseur, en 1974, au sein de la Batsheva Dance Company fondée en 1964 en Israël par Martha Graham et la baronne Batsheva de Rothschild. À l’invitation de Martha Graham, qui travailla en 1975 en Israël (elle y créa la chorégraphie Jacob’s Scale, avec Ohad Naharin interprétant Ésaü), il vient parfaire sa formation à New York dans son école, puis après 1976 à la Juilliard School. En 1980, il rejoint l’école Mudra de Maurice Béjart à Bruxelles pour une année. À son retour en Israël il danse dans l’ensemble Bat Dor et rencontre sa femme Mary Kajuwara, danseuse nippo-américaine de ballet. De 1980 à 1990, ils retournent ensemble à New York pour danser avec différents chorégraphes de la scène américaine. Avec Haru No Umi, Ohad Naharin fait ses débuts de chorégraphe. Ses chorégraphies ont été présentées et produites par différentes institutions comme le Nederlands Dans Theater, le Grand Théâtre de Genève, le Ballet de Francfort, le Lyon Opera Ballet, les Grands Ballets Canadiens, la Rambert Dance Company, la Compañía Nacional de Danza et l’Opéra national de Paris. En 1990, Ohad Naharin retourne en Israël et prend la direction de la Batsheva Dance Company. En 2001, son épouse Mary Kajuwara meurt d’un cancer. En septembre 2003, il transmet provisoirement la direction de l’ensemble Batsheva à ses proches collaborateurs Yoshifumi Inao, Sharon Eyal et Naomi Bloch-Fortis, tout en gardant une fonction dans la compagnie. Ayant une solide formation musicale, Ohad Naharin collabore dans ses travaux avec des musiciens professionnels comme la formation Tractor’s Revenge, des musiciens du rock comme Avi Balleli et Dan Makov, Ivry Lider, Peter Zegveld et Thijs van der Poll, Karni Postel et Habib Alla Jamal. Après 1990, il travaille également avec le spécialiste en lumières Bambi et la créatrice de costumes Rakefet Levy. Repères 1980 Haru No Umi 1987 Chameleon Dances 1988 Tabula Rasa 1989 Queens of Golub et Innostress 1991 Sinking of the Titanic 1992 Black Milk excerpts of Kyr et Off White 1993 Perpetuum 1995 Kaamos 1996 Arbos 1997 Sabotage Baby et Two Short Stories 1998 Anaphase 2003 Mamootot 2005 Deca Dance 2006 Three 2007 Max 2008 Minus One
La Batsheva Dance Company se produit avec deux ensembles – la Batsheva Dance Company et le Batsheva Ensemble des juniors – et quarante danseurs. Avec 250 représentations annuelles en Israël et de très nombreuses dates de tournées partout dans le monde, elle est considérée comme la compagnie israélienne d’excellence. Beaucoup des danseurs de la Batsheva développent leurs dons pendant un entrainement intensif dans la compagnie junior, l’Ensemble Batsheva. L’Ensemble sert de pépinière pour une prochaine génération de danseurs et chorégraphes, dédiant la plus grande partie de leur travail à un programme éducatif et social. Dirigés par Ohad Naharin depuis 1990 avec la chorégraphe en résidence Sharon Eyal, les 65 membres de la compagnie - danseurs, équipes techniques et administratives - sont mus par une vision commune : exceller dans l’art et renforcer les valeurs humaines par leur créativité. La Batsheva Dance Company a été fondée en 1964 par Martha Graham et la Baronne Batsheva de Rothshild et réside à Tel Aviv.
La Batsheva Dance Company a été présente à Montpellier Danse en 1992 (Kyr, Arbos), en 1994 (Anaphase, Dancing Party), en 2000 (saison / Sabotage Baby) en 2004 (Naharin’s virus), en 2006 (Three, Mamootot)